Touchers de la terre

12/04/2019

Les 4 touchers de la Terre des Gardien-nes de la Terre

Comme Thay nous l'a enseigné, il existe un art de la souffrance qui nous aide à moins souffrir, et à rester connecté avec le bonheur. Thay nous a appris qu'un bon pratiquant peut toujours générer un moment de bonheur. Afin que notre bonheur, notre énergie, notre détermination soient vivants en nous, nous devrions entrer régulièrement en contact avec nos souffrances. 

Nous sommes affligés par l'extinction des vies et des habitats des hommes, des animaux, des plantes et des minéraux, du fait des déréglements climatiques et de la disparition des milieux naturels.

Notre chagrin est tel que nous nous sommes parfois découragés et que nous pouvons toucher le désespoir. Parfois, nous sentons que nous ne pouvons plus supporter ces pertes, nous perdons notre compassion et nous ne savons pas si nous pouvons continuer à agir avec solidité, en trouvant un équilibre en nous-mêmes.

Ces quatre touchers de la terre sont un moyen d'entrer en contact avec notre chagrin, d'accueillir notre souffrance en l'embrassant avec tendresse. Lorsque nous touchons la terre avec notre chagrin et notre souffrance, nous leur permettons de se transformer, et nous transformons en même temps.

Cela prendra peut-être du temps de revenir aux graines nourrissantes du bonheur. Nous devons être patients avec nous-mêmes. Si nous ne prenons pas le temps de nous tourner et d'accueillir notre chagrin, il continuera à vivre en nous.

Ces touchers de la terre ont été rédigés par les gardien-nes de la terre anglophone - les Earth Holders - et traduit de l'anglais. ils sont fortement inspirés de la pratique des touchers de la terre proposé par Thich Nhat Hanh. Vous pourrez en apprendre davantage sur cette pratique sur le site du village des pruniers. 

Premier Toucher de la Terre : les Personnes


Cher Bouddha,  

Nous voyons la manière dont nous nous sommes crus séparés, et avons fait de cette séparation une différenciation systématique entre les hommes.

(Cloche) Veuillez toucher la Terre.

Cette séparation nous a conduit à nuire et à mépriser d'autres êtres humains. Nous avons arraché des gens à leur lieu de vie et les avons placées dans des réserves, volant leurs terres et faisant taire leur culture et leurs langues. Nous avons asservi des corps afin de créer de la richesse pour d'autres. Nous avons utilisé des corps humains d'autres manières également, en particulier ceux des femmes. Nous avons créé des frontières et structuré notre société de telle sorte que certains êtres humains soient illégaux, tandis que d'autres accumulent des ressources au-delà de tout ce dont ils auront jamais besoin. Nous avons structuré la société de telle sorte que certains gagnent des richesses immenses tandis que d'autres cumulent trois emplois et doivent encore choisir entre logement, nourriture et soins de santé en raison de leurs ressources limitées. Nous en avons jugé certains plus dignes que d'autres en raison de leur sexe, de leur couleur de peau, de leur taille et de leur apparence. Nous avons créé des communautés fermées afin de nous protéger de nos frères et soeurs qui dorment dans la rue et qui n'ont pas à manger. Nous avons pensé qu'il n'était pas possible de se parler les uns les autres, et que la colère et les accusations étaient la seule forme de communication. Nous avons vu des gens perdre leurs maisons à cause d'inondations et d'incendies. Nous sommes entrés en guerre les uns contre les autres pour nous attribuer les précieuses ressources naturelles. Nous n'avons pas apporté les changements nécessaires pour protéger les plus vulnérables. Nous n'avons pas ouvert nos terres ni nos cœurs pour aider. Nous avons cru pouvoir nous séparer les uns des autres de ces manières, et de nombreuses autres manières encore. Cette croyance selon laquelle nous pouvons «différencier» a conduit au même système que celui qui nous fait ignorer et détruire notre planète. Nous avons vu notre Terre elle-même comme séparée de nous, et par conséquent comme une ressource à utiliser, à exploiter. Cette perception erronée a conduit à la solitude, à l'aliénation et au désespoir.

Nous nous permettons de pleurer cette croyance erronée et tout le mal qu'elle a causé. Nous savons qu'en réalité nous ne sommes pas séparés les uns des autres et que, tout comme un nouveau-né ne pourrait pas vivre sans amour et sans soins, nous sommes inextricablement reliés. Nous faisons le voeu de nous souvenir de notre nature d'inter-être. Nous donnons notre chagrin à la terre et ce faisant nous sommes capables de le transformer, de nous rafraîchir, de nous pardonner et de pardonner les autres, et de prendre un nouveau départ.

(cloche) Veuillez vous lever.


Deuxième Toucher de la Terre : les Animaux


Cher Bouddha,  

Nous voyons la manière dont nous nous sommes crus séparés, et avons fait de cette séparation une différenciation systématique entre les hommes et les animaux.

(Cloche) Veuillez toucher la Terre.


Cette croyance erronée nous a conduit à oublier la sagesse de nos frères et soeurs animaux. Nous oublions de remarquer leur contribution à l'harmonie et au rythme de notre monde sensible. Les oiseaux qui savent retrouver le chemin de leurs villégiatures d'hiver, les poissons qui peuvent respirer sous l'eau, le papillon qui se métamorphose, les castors qui construisent des barrages, l'ours nomade de nos forêts, et bien d'autres encore. Nous avons laissé les animaux naître dans des conditions qui ne respectent pas leur véritable nature animale. Nous avons mis en cage, enchaîné et refusé aux animaux leur liberté afin de les élever pour les manger. Les poules sont si serrées dans leurs cages que leurs plumes ne poussent pas et qu'elles se becquettent jusqu'à la mort. Les vaches sont empêchées de bouger pour que leur viande soit plus tendre. Nous avons empoisonné et tué des animaux sur nos lieux de vie, afin de faire plus de place aux gens, ou parce qu'ils sont considérés comme des parasites. Par cupidité, nous avons tué des éléphants pour leurs défenses, détruit des habitats naturels afin que les grands félins ne puissent pas vivre ou prospérer. Nous nous sommes débarrassés de nos ordures de telle manière que les oiseaux sauvages les mangent et, le ventre rempli de plastique, s'étouffent. Nous avons tellement réchauffé notre planète que nos insectes et nos parents les amphibiens disparaissent. Nous n'avons pas non plus laissé assez de glace pour les ours polaires. Chaque heure, une espèce de nos frères et soeurs animaux disparaît. Nous avons commis ces erreurs et tant d'autres, à cause de notre croyance erronée que nous sommes séparés.

Nous nous permettons de pleurer cette croyance erronée et tout le mal qu'elle a causé. Nous savons qu'en réalité nous ne sommes pas séparés de nos frères et soeurs les animaux et que, tout comme nous ne pourrions pas polliniser des plantes sans abeilles, nous sommes inextricablement reliés. Nous faisons le vœu de nous souvenir de notre nature d'inter être. Nous donnons notre chagrin à la terre et ce faisant nous sommes capables de le transformer, de nous rafraîchir, de nous pardonner et de pardonner les autres, et de prendre un nouveau départ.


(Cloche) Veuillez vous lever.


Troisième Toucher de la Terre : les Plantes


Cher Bouddha, 

Nous voyons la manière dont nous nous sommes crus séparés, et avons fait de cette séparation une différenciation systématique entre les hommes et les plantes

(Cloche) veuillez toucher la Terre.


Nous avons perdu le contact avec les miracles des arbre, des arbustes, de l'herbe, et des vies sous forme de graines, qui ont leurs racines dans le sol. Nous ne remarquons pas les communautés dans lesquelles les plantes vivent, communiquant les unes avec les autres à travers leurs racines. Elles partagent l'eau, le soleil et le sol, donnent de l'oxygène et absorbent le CO2. Nous oublions de remarquer comment la vie des plantes enrichit nos vies, du fait de notre contact quotidien avec leur beauté et leur nature calmante. Cette séparation nous a conduit à empoisonner nos champs, créer de la nourriture génétiquement modifiée, créer des graines qui ne peuvent pas être conservées et nous a conduit à perdre beaucoup de l'héritage génique des plantes. Nous avons perdu le contact avec le cycle sacré des saisons et de la croissance. Nos forêts et tous ceux qui vivent à l'intérieur d'elles souffrent à cause des incendies, de la surchauffe, et de la sécheresse. Nous avons brûlé un nombre incalculable d'hectares de forêt vierge, rajoutant plus de CO2 à une planète qui se réchauffe de plus en plus. Nous avons aussi abattu des arbres pour un gain personnel, oublié comment identifier les plantes sauvages ainsi que comment faire pousser notre propre nourriture.


Nous nous permettons d'accueillir la peine sur cette croyance erronée et de tout le mal qu'elle a causé. Nous savons en vérité que nous ne pouvons pas être séparés de nos frères et sœurs les plantes, juste comme nous ne pouvons pas vivre sans nourriture, nous sommes inextricablement reliés. Nous faisons le vœu de nous souvenir de notre nature d'inter être. Nous donnons notre chagrin à la terre et ce faisant nous sommes capables de le transformer, de nous rafraîchir, de nous pardonner et de pardonner les autres, et de prendre un nouveau départ.


(Cloche) veuillez vous lever


Quatrième Toucher de la Terre : les Minéraux


Cher Bouddha, 

Nous voyons la manière dont nous nous sommes crus séparés, et avons fait de cette séparation une différenciation systématique entre nous les hommes, et le minéraux, notre Terre Gaïa elle-même.

(Cloche) Veuillez toucher la Terre.


Nous avons oublié que l'air, l'eau, les roches et la terre sont vivants et ne sont pas séparés de nous. Ceci nous a fait oublier que nous sommes des cellules dans le corps de la Terre. Nous avons déterré le corps du Bodhisattva Gaia pour l'utiliser comme une commodité et avons traité les ressources comme si elles n'étaient en fait pas une partie de nous. Nous avons sali notre propre nid. Nous avons perçu de manière fausse que la rose est séparée du compost; qu'il y a des minéraux, auxquels nous pensons comme des "ressources" qui peuvent être séparées des minéraux auxquels nous pensons comme des "déchets ". Et cela a causé le fait que nous déterrons du pétrole et du gaz, de l'uranium, et beaucoup d'autres fossiles et minéraux plutôt que de les laisser en sécurité dans le sol où ils ont vécu pendant des éons métabolisés et compostés par la Terre. Nous avons pollué notre eau, notre sol et notre air, en percevant à tort que nous pouvons séparer le souillé de l'immaculé. En vérité nous savons que la totalité de notre Terre Mère est sensible. Que l'eau, l'air, la terre et les roches sont tous sensibles. Nous sommes simplement des cellules dans le corps de la Terre.


Nous nous permettons de ressentir la peine sur cette croyance faussée et tout le mal que cela a causé. Tout comme l'air que nous respirons ne peut pas être séparé en ton air et mon air, nous savons en vérité que nous sommes inextricablement reliés.Nous faisons le vœu de nous souvenir de notre nature d'inter être. Nous donnons notre chagrin à la terre et ce faisant nous sommes capables de le transformer, de nous rafraîchir, de nous pardonner et de pardonner les autres, et de prendre un nouveau départ.


(Cloche) Veuillez vous lever.


Communauté des gardien-ne-s de la terre
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