Témoignage suite à l'atelier Fresque du climat et travail qui relie

Par une très belle journée de début avril, nous nous sommes retrouvé.e.s une vingtaine pour suivre une journée de formation organisée par les Gardien.ne.s de la Terre. Le programme était intrigant et appétissant : Fresque du Climat et Travail Qui Relie. Anne, Isa, Nicole et Leïla vous partagent ici leurs vécus de cette riche et inspirante traversée. 


Pouvez-vous nous parler du premier atelier : la Fresque du climat ?

Leïla : La Fresque du Climat est un jeu qui vise à sensibiliser un maximum de personnes dans le monde aux causes et conséquences du changement climatique et à son caractère systémique. Dans cet atelier nous avons réalisé une fresque de manière collaborative, avec des cartes présentant chacune un point du rapport du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), comme les effets de l'augmentation des températures sur le plancton par exemple.

Anne : J'ai bien aimé le côté collaboratif de cet atelier, ça donne vite l'impression que tout le monde se connaît. Faire ensemble sans vouloir persuader, mais en sachant qu'il y a un bien commun, ça donne un terreau de confiance.

Nicole : La fresque a aiguisé ma conscience sur l'engrenage des causes et des effets du réchauffement planétaire. Les chiffres sur notre empreinte carbone m'ont un peu découragée au début mais aussi motivée à réfléchir à l'urgence de la situation.

Isa : Accéder à ces problématiques par le jeu des images m'a fait retrouver ma curiosité d'enfant. Et le groupe avec Marianne qui nous accompagnait en douceur, m'a permis à nouveau d'accéder à cette prise de conscience douloureuse avec lucidité et surtout confiance dans ma capacité de l'accueillir.

Leïla : Oui, ça m'a surprise et touchée de voir qu'on pouvait se sentir joyeux tout en étant quand même en train de parler de choses graves. Se considérer comme un « nous » plutôt que comme un « je » séparé, trop petit pour avoir de l'impact, ça change tout !

J'ai aimé aussi qu'on ne reste pas sur un constat : on nous guide vers des pistes concrètes. Je pense souvent à cette réplique de Coluche :« Et dire qu'il suffirait qu'on n'achète pas pour que ça se vende pas ! »


Et comment s'est passée pour vous l'après-midi avec l'atelier sur le Travail qui relie ?

Pouvez-vous nous en dire un mot pour le présenter d'abord ?

Leïla : Le Travail Qui Relie a été initié par Joanna Macy. C'est une américaine, Docteure en Philosophie, spécialiste du Bouddhisme. Elle est une des fondatrices de l'Eco-philosophie et de l'Eco-psychologie. Elle est également une voix respectée des mouvements pour la paix, la justice sociale et le respect de la Terre.

Le Travail Qui Relie nous propose une nouvelle vision du monde, comme d'un immense corps vivant dont nous faisons partie. Joanna Macy a aujourd'hui plus de 90 ans et son travail continue à aider les personnes à transformer leur désespoir et leur apathie face à l'énormité de la crise écologique et sociale que nous vivons, en actions constructives, et collaboratives.

Anne : Je trouve nécessaire d'intégrer cette démarche d'introspection dans une journée comme celle-ci. On ne s'est pas contenté de nous donner une compréhension des faits avec des textes scientifiques à l'appui. Ca m'a fait penser à cette phrase lue récemment : « Utilisez votre coeur et votre esprit et agissez ».

Leïla : J'ai adoré le côté sensoriel du Travail Qui Relie. Me mettre par terre, me retrouver dans mon corps, faire ce voyage dans le temps où je sentais la matière du vivant depuis que le vivant existe. Il y a une dimension narrative et poétique dans ce travail. Nous replacer dans le temps long de l'histoire de notre univers permet de considérer les impacts des activités humaines tout en relativisant le sentiment de notre importance.

Nicole : Oui. Et la suite de la journée avec la méditation, l'écriture et cette réflexion avec Marianne qui nous a invités à prendre contact avec notre héritage, tout ce qui nous rend vivant, a été une pratique très stimulante pour sortir de mon état d'abattement face à la fatalité de la situation.J'ai senti naître en moi la capacité d'agir, d'être reliée dans la joie, d'oser, avec un projet qui me corresponde plus concrètement.

Isa : Cet atelier réflexif m'a redynamisée. Je lirai Joanna Macy. Je suis sur ce chemin de guérison qui est de retrouver confiance en moi, en ma capacité d'action, et enfin d'assister et de participer à l'éveil des consciences.

Anne : Oui, on est passé de la prise de conscience individuelle à quelque chose de collectif. Ça permet d'aller plus loin, d'agir avec espérance, d'aller au-delà d'une perte d'espoir. On ne sait pas ce que ça va donner, mais on y va.


Que retenez-vous de la manière dont s'est déroulée cette journée ?

Leïla : C'était une journée enthousiasmante pour moi, dans le fond comme dans la forme ! L'accueil était chaleureux, simple, souriant, ouvert, clair. J'ai beaucoup aimé la manière dont Eric, Marianne et Eva ont animé et rythmé cette journée. Je l'ai trouvée très imprégnée de la sagesse et des pratiques du Village des Pruniers. C'est cette fluidité, cette douceur et ce sourire qui m'ont donné envie de rejoindre le groupe coeur !

Isa : Je retiens aussi la douceur et le savoir-faire des facilitateurs-trices, Gardien-ne-s de la Terre. J'ai pu me relier à moi-même, aux autres, à la Terre, au vivant... Cette journée, a été pour moi un exemple de la pratique de la compassion en action.

Nicole : J'ai vraiment apprécié cette journée. Ça a été une expérience ressourçante qui m'a motivée à être plus active dans ce domaine. Un immense merci à toutes celles et ceux qui nous initient, avec une grande vitalité et fraicheur.

Anne : Le titre de ce livre de Thay : « Ce monde est tout ce que nous avons », serait ma conclusion de cette journée.


Est-ce que cette journée vous a donné envie de passer à l'action pour la Terre, et si oui avez-vous déjà eu des premières mises en action ?

Anne

  • Depuis l'atelier j'ai été contactée pour proposer la Fresque du Climat dans une asso de protection de l'environnement près de chez moi. Je vais me former pour l'animer.
  • Le Travail Qui Relie permet d'aller plus loin encore. C'est un travail intérieur qui peut germer. Ça m'intéresse aussi de m'y former.

Nicole

  • Planter des arbres.
  • Organiser un parcours de sensibilisation reliant les sanghas (à pied ou en vélo) avec sobriété alimentaire et autonomie d'hébergement.
  • Moi aussi je pense à me former à la Fresque du Climat pour aller l'animer dans les sanghas.

Isa

  • Sur le site de l'Ecole Normale Supérieure, ils expliquent le rapport du GIEC avec des vignettes. J'y vais maintenant pour approfondir. C'est très simple, explicite. Donc continuer activement à m'informer et me former pour transmettre.
  • Poursuivre ce travail intérieur de lucidité et de paix dans lequel je me suis engagée. Je suis très intéressée par la Communication Non Violente. Ce n'est pas par le combat qu'on va gagner. J'aime la notion de transition intérieure.
  • Communiquer l'espérance à mon entourage et mes ami-e-s assez défaitistes sur ces questions, nourrir d'autres imaginaires, raconter d'autres histoires, leur parler des pratiques et actions collectives qui créent de la vie.
  • Me relier à des groupes de pratique et d'action comme celui des Gardien-ne-s de la Terre.

Leïla

  • Depuis le 3 avril je n'ai plus acheté de viande pour ma famille.
  • Après cette journée, je suis allée voir le calcul de l'empreinte carbone de nos comptes bancaires sur le site d'Oxfam. Ça nous a paru une évidence et une urgence de changer de banque. On a rdv la semaine prochaine !
  • J'ai pris conscience aussi de la dimension écologique de mon travail : j'accompagne des personnes à aller mieux par une écoute attentive et aimante de leur propre corps. Ecouter notre corps, ça nous amène à nous rapprocher de ce qui nous est essentiel. Et ce qui est essentiel à l'humain ne coûte rien et ne pollue pas.
  • J'ai envie aussi de me former au Travail Qui Relie et d'accompagner la transition, chez les jeunes et les moins jeunes !

Et puis on a eu toutes les quatre l'élan de participer au groupe coeur des Gardien.ne.s de la Terre ! C'est une action qui est sans doute née de cette journée aussi :)

Bref ! On ne peut que recommander à toutes les personnes amoureuses de la Terre et curieuses de ce qu'elles peuvent faire pour contribuer à notre transition, de s'inscrire à cette journée. Nous espérons qu'elle sera reprogrammée prochainement pour en parler autour de nous !

Encore un immense merci à Marianne, Eric, Eva et à tout le groupe avec lequel nous avons vécu ce parcours joyeux, profond et transformateur !

Communauté des gardien-ne-s de la terre
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